Curiosité chérie

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La plupart d’entre nous voulons nous soustraire à une souffrance, dès lors qu’elle nous devient consciente. C’est un réflexe bien naturel que de vouloir diminuer ou faire disparaître un tourment. Et en cela, on peut dire que nous voulons tous le changement.

 

Bien sûr, il est des situations sur lesquelles nous n’avons pas prise et qui nous feront mal, quoi qu’on fasse. Mais nous sommes aussi la proie de souffrances psychiques construites de toutes pièces, alimentées par un système de croyance dont nous n’avons, le plus souvent, pas conscience, car faisant partie d’un cadre de pensée généralisé et non questionné : celui de la société à laquelle nous appartenons. À cela s’ajoutent notre éducation familiale et nos expériences passées. En surgiront une interprétation du réel toute tracée, un sentiment réflexe qui pourra prendre la forme d’une souffrance semblant légitime et inévitable.

 

Dans ces circonstances, réalisons-nous à quel point ce changement appelé de tous nos vœux ne peut advenir que si nos modes de pensée personnels changent ? Sans cette compréhension, aucune résolution profonde ne peut voir le jour, laissant le champ libre à la superficialité, l’intellectualisme ou l’idéalisme, c’est-à-dire à une forme ou une autre de diversion.

 

Mais pouvons-nous réfléchir à nos croyances (sur la vie, nous-mêmes, notre rôle dans la société… ou nos émotions) sans le filtre-même de ces croyances ? Je le pense, oui.

 

Nos émotions, même lorsqu'elles sont fortes ou difficiles à vivre, peuvent être observées en détail, au moment précis où nous les ressentons ; leur expression, leur origine, leur récurrence, l’attachement que nous leur portons. Questionnées, elles peuvent ainsi être comprises pour ce qu'elles sont réellement, au-delà de nos conditionnements mentaux, et démantelées.

 

Cela demande de les accepter (non de les combattre) mais aussi de les considérer comme l'intrigante manifestation d'une énigme personnelle à résoudre.

 

En dehors de ces moments d’impérieux désir de nous libérer d’une souffrance, certains d’entre nous sont profondément curieux, au jour le jour, de se connaître eux-mêmes ; de comprendre comment ils ou elles fonctionnent, réagissent et prennent des décisions.

Cette simple inclination au questionnement est en elle-même un magnifique moteur de changement.

 

Et vous ? Avez-vous cette curiosité ?

- Élisabeth Feytit

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